Aujourd'hui, au briefing du départ de la sortie de Monsieur Robert, il n'y a pas eu la terrible question qui terrorise certains :" Qui va se charger du rapport de la journée ?".
Vu la légèreté et la rapidité avec laquelle les équipages se sont précipités vers leurs voitures au signal du départ, j'en déduis, qu'ils étaient heureux d'avoir échappé au "sinistre" pensum qui semblait avoir été oublié de l'organisateur et de son porteur de micro…
Et non, ce n'était pas un oubli. Tout simplement, je m'étais promis de me charger de cette tâche en l'honneur de Monsieur Robert qui donne beaucoup au Club, avec gentillesse modestie et efficacité... et aussi hélas avec peu de retours de la part de certains qui, n'ayons pas peur des mots, snobent systématiquement ses organisations. C'est leur problème, mais cela ne les grandit pas et surtout, cela ne nous empêche pas de passer une épatante journée en des lieux toujours originaux dont notre cher Robert a le secret.
Aujourd'hui l'objectif était le petit village de Valloria en Italie, véritable musée de la peinture à ciel ouvert. L'Italie qui nous est si chère et qui a tant offert de chefs d'œuvres à notre civilisation par ses grands Maîtres de la Renaissance dont les lointains descendants se sont exprimés sur les humbles portes du petit village de Valloria.
Le rendez-vous avait été fixé à 9 heures sur l'aire de la Riviera Française, ce balcon panoramique au-dessus de la Principauté. Un vrai paysage de carte postale avec un ciel d'Azur immaculé sur une mer baignant benoitement les rochers de la cité princière avec tout au loin au grand large, la Corse qui se réveillait au milieu de ses brumes légères matinales...
Retrouvailles joyeuses, petit café amélioré, présentation de nos nouveaux adhérents Christine et Piere-Jean SIBRAN, dernières recommandations routières de la part de notre Géo, et en voiture Simone, comme on disait "avant"... en souvenir de Simone de Pinet de Bordes, disent les uns, qui a passé son permis à 19 ans en 1929 et devint une grande championne de courses automobiles... ou de Guy Lux qui mit l'expression à la mode dans les années 60 quand il s'adressait à Simone Garnier... A vous de choisir...
Bref nous voilà au volant de nos autos sur l'autoroute des Fleurs qui surplombe la Côte Ligurienne. Des villes aux noms enchanteurs défilent : San Remo, Imperia... et des souvenirs de prime jeunesse pour des vacances romaines en deudeuche et sous la tente pour palais princier…
Autres temps, autres mœurs, me voila en solo au volant de ma Morgan, Cathy étant restée at home pour finaliser les valises en vue de notre prochaine croisière Pacca au Cap Nord en Norvège. Le cortège est mené par notre Road Captain Robert bien visible dans sa célèbre Dauphine Gordini Jaune Ricard, lui-même en tenue de la même couleur.
Les soixante dix kilomètres nous séparant de la sortie Impéria ouest sont prestement avalés. Tout petit regroupement après les machines à sous de l’autoroute et on attaque la charmante petite route de notre destination. Bon, il y a bien quelques équipages qui ont confondu la gauche avec la droite à un rond-point, mais par la grâce des talkies walkies, ils se remettront rapidement dans l’axe de la balade.
Nous voici à Dolcedo, charmante petite ville, so typico, avec son pont Romain et sa divine église bleue, que l’envie de te convertir elle te donne…(là je plagie une célèbre
formule Bônoise en Algérie alors française qui disait : « Po po po, le « cimitière » de Bône il est tellement beau, que l’envie de mourir y te donne… »)
Il faudra que l’on revienne un jour la visiter cette église, parce qu’aujourd’hui, elle n’est pas au programme. Nous avons 150 portes peintes à admirer ! Nous attaquons à présent la partie montagneuse de la balade. La route devient plus étroite et grimpe à travers la forêt d’oliviers millénaires proprement entretenus, chaque arbre disposant de son filet qui recueillera à la cueillette les belles olives, véritable trésor de la région.
Après un dernier lacet, nous voici enfin à Valloria où nous sommes attendus par la population qui a été réquisitionnée par Paolo, le patron de l’auberge où nous allons déjeuner. Réquisitionnée pour refouler les envahisseurs que nous sommes ? Meu non, pour nous aider à stationner nos belles mécaniques sur la petite place où se trouve : la Chapelle, l’Eglise, la mairie, la fontaine, le restaurant et…basta. Tout est à portée de la main, ou plutôt de pied, pour cette pauvre Flore qui souffre d’une fracture des orteils et dont le déplacement est mesuré. A peine arrivés, le Doc et ses assistants commencent à déballer leurs potions magiques. J’en vois qui commençaient à partir visiter les peintures qui reviennent en marche arrière… Hé, Ho, ce n’est pas l’heure des couleurs… allez plutôt voir celles qui sont sur les portes… Les voila qui repartent un peu en trainant les pieds. Heureusement que leurs épouses sont là pour les ramener dans la Kulture… Non, mais !
Arrive l’heure bénie du lever des couleurs. Pas un absent, tout le monde est à l’heure devant le beau buffet dressé à l’ombre de l’église. Buffet agrémenté par des bruschettas offertes par Paolo. Moment de convivialité tant apprécié après les efforts de la matinée… Il fait un temps merveilleux, tout le monde est heureux.
Il est à présent l’heure de passer à table. Voyez les photos, je renonce à décrire, il faut le voir pour le croire… A peine assis, un personnel zélé s’active à servir les 7 antipastis, servis assiette après assiette. Un régal de fraicheur, tout est maison. Arrivés au Corniglio et au Roast Beef, certains déjà repus n’en peuvent plus… Les gourmands feront honneur. C’est ça l’entr’aide Pacca…
Avant de partir, petite visite de la Chapelle transformée en Musée sympathique et émouvant du Terroir. Les premières autos démarrent dont celle de l’équipage Jeannin qui cette fois n’a pas utilisé les bons services de leur Austin Healey qui avait fait des caprices au Col de la Caillolle. Elle a été remplacée par une grosse berline ancienne bien bourgeoise, cossue et honnête… Vous avez dit Honnête ???
Dans cet océan de béatitude, on entend soudain un cri d’angoisse : « MES CLES ??? »
C’est notre Amiral Gérard, qui cherche les clés de sa Bentley. Que ceux qui n’ont jamais connu l’angoisse de la perte des clés de leur voiture, lèvent la main… Hein Félix ???...
On cherche, on fait et refait les 50 mètres qui séparent le restau de la Bentley, nada de nada…. Etrangement, l’Amiral reste de glace. Mais ceux qui le connaissent, s’écartent subrepticement de lui. On sait ce que fait une cocote minute qui a le siffleur bouché…
Dominique de son côté s’active avec Rangui qui en bon chien policier attend que ça se passe… Pas d’affolement, il faut réfléchir…comme disait Agatha Christie. Les clés ne se sont pas envolées seules. Certains évoquent une chute dans la cuvette des WC et demandent un volontaire pour y aller tâter de la main… Pragmatique, Dominique téléphone aux équipages qui sont déjà partis. On ne sait jamais… Et là, miracle, devinez quoi, les clés de la Bentley sont retrouvées dans la berline bourgeoise et honnête des Jeannin qui étaient presque arrivés à Vintimille ! Quoi, encore les Jeannin ? Mes pauvres amis, Pacca sera heureuse de vous offrir une séance chez un copain Marabout du Doc pour vous enlever cet envoutement… Enfin, Happy End… C’est aussi ça Pacca.
Encore un grand merci à notre cher Géo Robert pour sa préparation cousue main de cette belle journée qui a fait le bonheur de 40 Paccamigos.
La bise à tutti. Vot’ JJ