PASSION AUTO COLLECTION COTE d’AZUR
Association Loi 1901 N° W061001647 du 14 Mai 2010 –JO du 12/06/2010 N° 121
SORTIE 197 « LES CHAMPIGNONS de BADALUCCO »
Samedi 15 novembre 2025
De Monsieur Robert et Vot’JJ
Bien chers Paccamigos
Ce fut un de ces matins de novembre où la lumière, timide comme une écolière, hésite à entrer dans la journée.
Le ciel, gris sombre, semblait avoir passé la nuit à penser à autre chose.
Pourtant, sur le parking où s’alignaient les autos de la collection du Club PACCA, on sentait les cœurs battrent un peu plus fort. Les moteurs ronronnaient à peine, par respect feutré, et les conducteurs, eux, se rassemblaient comme on se serre dans une cuisine trop petite quand il fait froid dehors.
De plus, la neige s’était invitée au sol, et un crachin nimbait le tout.
Mais ce matin-là, malgré les “Tu as vu le temps ? Ça promet !”, il flottait comme un silence intérieur. Un de ces silences que l’on ne dit pas, mais que tout le monde entend.
C’est que Michèle n’était plus là.
Michèle, avec son sourire clair qui semblait tenir tête à la mauvaise humeur du monde. Michèle, qui aurait dû succéder au Président Fondateur lors de la grande assemblée du 12 décembre et qui se préparait à sa prochaine nouvelle tâche avec passion.
Une femme splendide, oui, mais surtout une âme qui éclairait. Et chacun, en montant dans sa voiture, se disait que la vie avait parfois de ces embardées que même les plus habiles chauffeurs ne peuvent éviter.
On prit la route vers Badalucco, en Italie, cette terre où, paraît-il, les cèpes poussent avec tant d’enthousiasme qu’on les ramasse presque à la pelle.
Soixante kilomètres seulement de la frontière, mais déjà un parfum différent dans l’air, comme une promesse même en automne.
Curieusement en arrivant à Vintimille, un véritable déluge s’abattit sur le convoi. Dans la Jaguar de Doc Alain, ce fut aussitôt la chasse à la buée, les essuies glace de leur côté essayant en vain d’éclaircir un pare grise totalement noyé. Notre Doc ancien champion des Rallies Africains sortit aussi sec (si je puis dire dans toute cette humidité) un outil biscornu se terminant par un triangle spongieux qui effaça la buée dans tous ses recoins. Le problème était qu’à peine passé l’engin, la buée, têtue comme une bourrique, revenait… Fallait voir l’équipage : Doc cramponné à l’immense volant de la Jag et votre serviteur à la manœuvre incessante d’aller-retour du mulot au Doc contre la myopie du pare brise. De quoi inspirer un sketch de feu Gérard Oury…
Après être sortis de l’autoroute, la pluie s’étant calmée, les voitures défilèrent sur les lacets de montagne, pareilles à des bêtes élégantes et obstinées. Sous chaque capot vibrait une petite part du passé, un souvenir d’essence, de chrome, de liberté. Et peut-être était-ce pour cela que la sortie faisait tant de bien : les voitures anciennes, elles, ne quittent jamais vraiment ceux qui les aiment.
À Badalucco, le village semblait nous attendre. Les murs ocres, les ruelles serrées comme des secrets, et cette odeur de champignons qui sortait des cuisines comme un sourire.
Le déjeuner fut gargantuesque et chaleureux : des cèpes, encore des cèpes, et ce vin italien, franc et généreux, qui vous parle comme un ami qui n’a pas froid aux yeux.
Notre amie Dominique Mille avait eu la noble idée de faire un petit autel de bougies et une minute de silence au départ de la Riviéra Française à la mémoire de notre chère Michèle. Mais avec la neige et le grésil, nous avons décidé de reporter notre hommage à l’abri des murs du restaurant. Malgré l’exiguïté de la salle totalement bondée, le personnel mis à notre disposition une table que Dominique et ses aides, décorèrent de bougies devant une photo de Michèle prise lors de la sortie Citromuseum à Castellane de nos GO Lydie et Christian. A noter que le Restaurant nous offrit deux grosses bougies. Ainsi chacun vint se recueillir et apporter ses pieuses et amicales pensées.
Ensuite on mangea, on rit pour compenser la peine immense de ce décès. Au milieu de tout cela, chacun sentit que Michèle, d’une façon ou d’une autre, était parmi nous.
Bien chers Paccamigos, ce ne fut pas une sortie comme les autres. C’était une escapade d’amitié, de mémoire et de douceur. Un voyage pour dire que la vie continue, mais qu’elle n’oublie pas.
En repartant, alors que le soleil baissait derrière les collines italiennes, quelqu’un dit :
— Elle aurait adoré cette journée.
Et tout le monde pensa la même chose : oui, elle l’aurait adorée. Et peut-être même que, quelque part, elle nous en remerciait.
La bise à tutti.
Vot’JJ
Photos de Mélanie, Hervé Luce, Nounours, Hervé Pignon, Michel Vidon
Photos Mélanie
Photos Hervé LUCE
Photos Michel Vidon
Photos Hervé Pignon
Photos Nounours
Photos JJ