UN SANCTUAIRE DANS LES ÉTOILES

Samedi 5 septembre 2026

Première partie — En route vers les sommets !

Il est 8 heures et quelques poussières, ce samedi matin, au parking du Pont Charles Albert.

Nos vaillants organisateurs, les G.O. Annie et Georges Isaac, sont déjà sur le pont pour accueillir les 36 “Fous Volants dans leurs drôles de machines” qui ont répondu à l’appel des sommets.

Et comme d’habitude, tout le monde est à l’heure ! Tout le monde ?... Que nenni !

Il manque à l’appel l’équipage Bolz : Mélanie et Gilles, accompagnés de leur fidèle Toutou.

Et pourtant, ils ne sont pas loin. Presque arrivés au Pont Charles Albert, ils font une découverte pour le moins inquiétante : le plein d’essence effectué au départ semble s’être… volatilisé.

Certes, une Mercedes 380, ça consomme.

Mais tout de même !

Après inspection, le diagnostic tombe : ce n’est plus vraiment une fuite, c’est une trombe d’essence qui s’échappe de la belle étoilée.

Impossible, évidemment, de continuer vers les montagnes.

Achat d’urgence d’un extincteur — très sage précaution ! — et demi-tour vers le Var, à petite vitesse… mais avec un débit de carburant qui, lui, n’a rien de petit.

Pauvres amis ! Ils se faisaient une telle joie de découvrir Santa Anna di Vinadio.

Mais il faut croire que Sainte Anne veillait déjà sur eux à distance. Car nous voulons bien penser que c’est grâce à elle que Mélanie, Gilles et Toutou n’ont pas terminé en brochettes flambées façon Mercedes avant même d’avoir atteint le sanctuaire !

Une grosse pensée pour eux… et rendez-vous est pris pour la prochaine.

9 heures tapantes : EN ROUTE !

Le convoi PACCA s’ébranle.

À partir de Saint-Martin-du-Var, la montagne commence doucement à refermer ses bras autour de nous. La vallée se resserre, la route épouse les reliefs, la Tinée apparaît puis disparaît au gré des courbes. Falaises, villages accrochés à la montagne, torrents, forêts : le décor devient de plus en plus spectaculaire.

Et nos anciennes, nos sportives et nos belles mécaniques semblent particulièrement heureuses d’avoir enfin autre chose à se mettre sous les pneus que les ronds-points de la Côte d’Azur.

Mais voilà déjà le premier arrêt.

Pont de Clans : opération croissants/ chocolatines !

Arrêt technique devant une jolie boulangerie où nous accueille, excusez du peu, la femme du boulanger en personne (sans le berger, ni Pomponette), promue pour l’occasion serveuse officielle du Club PACCA.

Au programme : croissants chauds, pains au chocolat croustillants à point, expressos et autres boissons fumantes.

Voilà qui confirme une fois de plus un principe fondamental :

PACCA, un Club qui chouchoute ses adhérents… selon ses G.O. !

Et pour leur première organisation, Annie et Georges ont manifestement décidé de nous en mettre plein la vue.

Et, présentement, avec les croissants et les pains au chocolat… plein la lampe, si vous voulez bien me pardonner cette trivialité.

Tout ce petit monde s’installe, papote, rigole, reprend un café… On sent déjà poindre un certain relâchement. Le Doc se demande, si ce serait pas opportun de sortir une ou deux de ses fioles magiques…

Mais les G.O. veillent.

« Hop, hop, hop ! C’est pas tout ça ! Y’a de la route à faire ! »

Et quelle route !

Une merveille, du début jusqu’à la fin.

Annie, guide touristique homologuée PACCA.

Nous atteignons Isola Village. Et c’est alors que se révèle l’arme secrète de cette sortie.

Le Président, dans un moment de grande confiance a confié un talkie-walkie à Annie.

Excellente idée !

Car notre G.O. se transforme immédiatement en guide touristique passionnée, distillant au fil du parcours anecdotes et petits morceaux d’histoire.

 

Tu savais, toi, qu’à Isola il y avait un clocher… sans son église ?

Non ?

Eh bien tu peux passer cent fois devant sans rien remarquer.

Heureusement, maintenant, tu as Annie !

Au XVIIIᵉ siècle, un éboulement emporta la pauvre église… mais laissa son clocher debout.

Voilà.

Vous pourrez désormais briller dans les dîners en ville.

Merci qui ?

Merci Annie !

17 kilomètres de virolos

À partir d’Isola Village, direction Isola 2000.

Dix-sept kilomètres….

Dix-sept kilomètres de virages….

Des grands, des petits, des serrés, des très serrés, des “mais-il-finit-jamais-celui-là ?”…

Bref : du virolo comme on l’aime chez PACCA.

Et tout cela dans un décor de carte postale : cascades, sapins, torrents, vaches, sommets…

…et motards.

Beaucoup de motards…

Quoi, les motards ? Qu’est-ce qu’ils ont, les motards ??? T’as quelque chose contre les motards ?

Non Patron, Rien….oualou, j’te jure….

OK. Pour l’instant, tout va bien…

À Isola 2000, nous récupérons notre charmante guide-photographe, venue prêter main-forte à sa consœur Annie.

Mais ne croyez surtout pas que la grimpette est terminée.

Il reste le Col de la Lombarde.

Et là, les choses sérieuses commencent.

La route monte encore, s’enroule autour de la montagne, le paysage devient minéral, les arbres se font plus rares et nos mécaniques prennent progressivement de l’altitude.

Enfin… Le Col de la Lombarde !

Et nous y arrivons au milieu d’une véritable nuée de motos.

Pas grave, nos G.O. ont tout prévu.

Il existe un passage réservé pour et notre noble convoi vient majestueusement prendre possession des lieux devant un petit refuge-bistrot-restaurant « Chez Sam »  que nos G.O. ont carrément privatisé.

Oui, Mesdames et Messieurs. Privatisé !

On ne plaisante pas avec l’intendance chez les Isaac.

Champagne à 2 350 mètres !

Et là…

Surprise !

Nous attendent de fantastiques assiettes montagnardes, généreusement garnies de charcuteries fines et de fromages.

À peine avons-nous le temps de contempler tout cela que retentissent bientôt d’autres pétarades.

Mais celles-ci ne viennent ni des Porsche, ni des Mercedes, ni des motos, ni des amateurs de cassoulets : POP ! POP ! POP !

Les bouchons de champagne commencent à sauter !

Car Annie et Georges nous offrent généreusement le champagne pour célébrer un événement considérable : le baptême de leur petite dernière.

Une ravissante mécanique toute mignonne baptisée : « 9 sans 11 »

Nous lui souhaitons officiellement longue et heureuse route, beaucoup de virages, quelques cols, le moins possible de radars et surtout… un équipage toujours aussi joyeux à son bord !

Nous ont également rejoints Janine et Michel Vidon, précieux photographe “Paris Match” , accompagnés d’une fort belle mécanique ancienne d’outre-Rhin nouvellement acquise: carrosserie noire, intérieur rouge…

Du plus bel effet !

Il paraît d’ailleurs qu’ils ont déjà le champagne au frais pour la consécration.

Nous prenons note.

Et nous avons bonne mémoire.

Très bonne mémoire.

L’ambiance est maintenant franchement joyeuse.

Autour de nous, les sommets magnifiques ; devant nous, charcuteries et fromages ; dans les verres, quelques bulles ; au thermomètre, un délicieux 18 degrés.

Dix-huit degrés !..t’imagines ?...

Pour nous autres, pauvres côtiers encore traumatisés par les chaleurs de la Côte d’Azur, c’est déjà une bénédiction divine.

Nous sommes à plus de 2 000 mètres, entourés de montagnes, les voitures sont alignées, les assiettes sont pleines, les verres aussi…

Et pourtant, ce n’est encore que le début.

Car de l’autre côté du col nous attend l’Italie.

Et surtout…

Santa Anna di Vinadio.

La Sainte nous a déjà évité une Mercedes flambée au petit matin.

Reste maintenant à savoir ce qu’elle nous réserve pour la suite…

À suivre…

Deuxième partie : la descente vers Santa Anna… et les aventures célestes des Paccamigos !

DEUXIÈME PARTIE

Des nourritures terrestres aux nourritures spirituelles

Après ces instants de pur bonheur profane, il faut tout de même songer à plier bagage.

Et là se met en marche cette formidable organisation logistique qui fait depuis longtemps la réputation des assistants de Doc Alain.

Chacun connaît son rôle.

Un sac-poubelle par personne !

Les gobelets à droite, les coupes à gauche, les bouteilles ici, les serviettes là…

Quant aux derniers « gnamas-gnamas », ils sont soigneusement regroupés dans des récipients dûment stérilisés en prévision d’une utilisation ultérieure.

Pas une cacahuète de perdue !

Ordre formel de la Trésorière.

Chez PACCA, on peut faire sauter les bouchons de champagne millésimé à 2 350 mètres d’altitude, ce n’est pas une raison pour mettre en péril l’équilibre financier de l’association.

Quelques minutes plus tard, l’endroit est impeccable.

On n’a jamais été là.

Ou presque.

En route vers Santa Anna

Il ne nous reste qu’un petit quart d’heure de route pour rejoindre le Sanctuaire.

Mais quel quart d’heure !

Une route étroite serpente entre les sapins, accrochée à la montagne. À chaque virage apparaît un nouveau panorama et, progressivement, perdu au milieu de cet immense décor alpin, se dévoile Santa Anna di Vinadio.

À 2 035 mètres d’altitude, c’est l’un des sanctuaires les plus hauts d’Europe. Un ensemble massif, presque austère, posé sur un éperon alpin, entouré de sommets et de pâturages.

On comprend immédiatement pourquoi, depuis des siècles, des milliers de pèlerins viennent jusqu’ici.

Et justement…

Il y a un monde fou !

Des voitures, des marcheurs, des familles, des pèlerins…

Le Paccamigo moyen commence donc à se poser LA question existentielle :

« Mais où va-t-on mettre les voitures ? »

Et c’est alors que se produit…

LE PREMIER MIRACLE DE SANTA ANNA !

Notre charmante guide-photographe Maguy a fait réserver pour PACCA un immense parking juste devant le restaurant du Sanctuaire.

Mesdames et Messieurs, s’il vous plaît !

On arrive.

On se gare.

Tous ensemble.

Devant la porte.

Pas un demi-tour. Pas une marche arrière dans un ravin. Pas un Paccamigo perdu dans la montagne.

Tout est réglé à la manière suisse.

Enfin… à la manière suisse d’autrefois, parce qu’il paraît que même chez eux les trains n’arrivent plus toujours à l’heure.

Il n’y a guère que les impôts qui continuent à fonctionner avec une ponctualité remarquable.

Chez les Helvètes comme chez les Gaulois.

Mais bon…

Ne parlons pas de choses qui fâchent.

Santa Anna est bien au-dessus de ces misérables considérations fiscales.

À table, les pèlerins !

Nous pénétrons dans l’immense réfectoire.

Il est climatisé.

Oui.

Climatisé.

Alors qu’il fait 18 degrés dehors.

Nous cherchons encore à comprendre.

Peut-être une ancienne pénitence monastique ?

Toujours est-il que nos pèlerins motorisés prennent place et que commence un repas sans prétention, mais fort sympathique.

Pasta en entrée.

Puis poulet au citron sur son lit de courgettes.

Et enfin un tiramisu maison.

Le vin bouché est très bon, l’eau de la montagne délicieusement fraîche.

Bref, exactement ce qu’il faut pour restaurer les corps avant de songer sérieusement…

au salut des âmes.

Car nous ne sommes tout de même pas montés jusqu’ici uniquement pour tester les croissants, le champagne, la charcuterie, les fromages, les pasta et le tiramisu !

….Il était une fois, dans la montagne…

L’histoire de Santa Anna remonte à près de mille ans.

Entre les XIᵉ et XIIᵉ siècles, on construisait près des passages alpins des chapelles-hospices destinées à accueillir voyageurs et pèlerins surpris par le froid, le brouillard ou la tempête.

Ici se trouvait l’Hospice de Santa Maria di Brasca, dont l’existence est attestée par un document de 1307.

Mais la tradition raconte une histoire beaucoup plus jolie.

Une jeune bergère du pays, Anna Bagnis, gardait ses bêtes dans ces montagnes lorsqu’elle aurait vu apparaître Sainte Anne, mère de la Vierge Marie.

L’apparition aurait eu lieu sur un grand rocher situé à quelques centaines de mètres du sanctuaire actuel.

Sainte Anne aurait indiqué à la jeune fille l’endroit où devait s’élever un lieu qui lui serait consacré.

Et la tradition traversa les siècles.

On peut encore aujourd’hui rejoindre la Roccia dell’Apparizione, où des statues représentent Sainte Anne avec Marie enfant face à la petite bergère agenouillée.

Au XVe siècle, la dévotion à Sainte Anne se répand dans le Piémont et, en 1443, les textes mentionnent pour la première fois ici une église portant son nom.

Puis arrivent les pèlerins.

Toujours plus nombreux.

Tellement nombreux qu’un personnage particulier apparaît dans l’histoire du lieu : le “Randiere”.

Le Randiere était le gardien permanent du sanctuaire. Il entretenait les bâtiments, accueillait et nourrissait les voyageurs, les accompagnait lorsque le temps devenait mauvais et faisait sonner la cloche lorsque brouillard et tempête engloutissaient la montagne.

Une sorte de G.O. du Moyen Âge, finalement.

Annie et Georges n’ont donc rien inventé.

À ceci près qu’à l’époque, le Randiere n’avait probablement ni talkie-walkie…

ni champagne au Col de la Lombarde.

L’actuelle église fut construite en 1680-1681, directement sur la roche façonnée par les anciens glaciers. Voilà pourquoi son étonnant plancher monte en pente vers le chœur.

À l’intérieur, les murs racontent à leur manière des siècles de foi populaire.

Ils sont couverts d’ex-voto.

Des centaines de témoignages laissés par des hommes et des femmes venus remercier Sainte Anne.

Merci pour une guérison.

Merci pour un enfant.

Merci pour un accident évité.

Merci pour un retour sain et sauf.

Merci, tout simplement, d’avoir été entendu.

Et soudain, après les plaisanteries, les pétarades, les croissants, les virages et les bouchons de champagne…

on parle un peu moins fort.

Car croyant ou non, pratiquant ou pas, difficile de rester totalement insensible devant l’accumulation de ces témoignages de reconnaissance laissés ici par des générations de familles.

Chacun les regarde à sa manière.

Chacun y voit ce qu’il veut.

Mais ils racontent tous la même chose : à un moment de leur existence, des hommes et des femmes ont eu peur, ont espéré, ont demandé…

Et sont revenus ici pour dire :

…Merci !

Alors forcément, nous avons une petite pensée pour nos amis Mélanie et Gilles.

Ce matin même, à quelques dizaines de kilomètres de là, leur Mercedes 380 répandait son essence à gros bouillons.

Ils n’ont malheureusement pas vu Santa Anna.

Mais après tout…

peut-être Santa Anna, elle, les avait-elle déjà vus.

Et si leur premier ex-voto pouvait être simplement une Mercedes revenue dans le Var avec Mélanie, Gilles et Toutou à bord plutôt qu’en brochettes flambées…

Nous considérerions volontiers que, pour une première visite de PACCA, le bilan céleste est déjà largement positif !

Et maintenant… place aux images

Je crains d’avoir été quelque peu bavard dans ce récit…

Alors, si vous êtes arrivés jusqu’ici sans vous assoupir, bravo ! Vous avez largement mérité la visite.

Mais pour celle-ci, les mots ne sont plus nécessaires.

Regardez les photos.

Elles raconteront bien mieux que moi la beauté de Santa Anna, la majesté des montagnes qui l’entourent, la simplicité de son sanctuaire et cette atmosphère si particulière qui règne là-haut.

Et peut-être, à travers elles, ressentirez-vous un peu de cette plénitude qui, l’espace d’un instant, a touché certains d’entre nous.

Dans le silence de ce lieu béni, même les plus bavards se sont tus…

Enfin… pas tous.

Faut quand même pas demander l’impossible à Sainte Anne !

Et j’ose espérer qu’elle nous aura accordé, à nous aussi, un petit bout de sa bénédiction.

Croyants ou pas.

Pratiquants ou pas.

Elle n’a demandé les papiers de personne.

C’est ça, la Classe !

Alors simplement :

Merci, Santa Anna di Vinadio.

Puis chacun a repris le chemin du retour.

Peut-être avec quelque chose de mieux en soi qu’au matin.

Un souvenir, une émotion, un peu de sérénité… ou simplement le bonheur d’avoir partagé une sacrée belle journée entre amis.

Certains, toutefois, semblaient avoir été particulièrement bouleversés par la grâce.

Au point d’en oublier la petite route à droite qui ramenait vers le Col de la Lombarde et Isola !

Ils ont continué tout droit…

Et tout droit, dans ces montagnes, ça peut mener assez loin…

Barcelonnette !

Puis, puisqu’ils étaient lancés, retour par le Col de la Bonette !

Une petite rallonge de rien du tout…

Encore un coup de Santa Anna ?

Une ultime pénitence ?

Une façon de leur faire profiter un peu plus longtemps de la montagne ?

Nous ne le saurons jamais…

L’essentiel est que, par le bon chemin, le mauvais chemin ou le chemin choisi par la Providence, tout le monde a finalement regagné son foyer sans rien à signaler.

Et c’est bien là le principal.

MERCI !

Merci à notre gentille Guide/ Photographe.

Egalement un immense merci à Annie et Georges pour cette première organisation.

Pour une première, ils ont placé la barre sacrément haut.

Très haut même.

2 350 mètres au Col de la Lombarde !

Difficile de faire mieux.

Merci également à nos photographes qui ont immortalisé cette belle journée.

Merci à tous les amis présents pour leur bonne humeur, leurs sourires et cet esprit qui fait que nos sorties sont bien davantage que de simples promenades automobiles.

Et merci, enfin, à cette montagne magnifique et à Santa Anna, qui auront donné à cette journée un petit quelque chose que nous n’avions peut-être pas prévu au programme.

Nous étions partis chercher des virages, des paysages, quelques bonnes assiettes et un peu de fraîcheur…

Nous sommes revenus avec un peu plus que cela.

Et finalement, c’est tout ça…

L’ESPRIT PACCA POSITIF.

La bise à tutti !..et à dimanche pour la belle équipe partant pour la Toscane.

Vot’JJ