Samedi 13 juin 2026

Ce sont 48 (nous devions être 55… hélas 7 de nos amis étaient souffrants.) membres de PACCA qui ont pris la route de Marseille pour une journée riche en découvertes, en bonne humeur et... en imprévus, car une sortie réussie ne serait pas tout à fait une sortie Pacca sans quelques péripéties à raconter !

Venus de toute la Côte d'Azur, certains participants avaient choisi la sagesse en se rapprochant de Marseille la veille, tandis que d'autres avaient préféré partir dès l'aube. Tous se retrouvèrent joyeusement pour découvrir Cosquer Méditerranée, une véritable merveille qui a conquis l'ensemble du groupe, même les plus réfractaires à la poésie et aux messages venus du fond des âges.

 Cette plongée dans la Préhistoire nous a permis de remonter plusieurs centaines de milliers d'années en arrière.

À ce stade, personne n'imaginait encore que la journée nous offrirait également un petit cours de philosophie contemporaine...dont on se serait bien passé.

Cosquer ne se raconte pas. Il faut vivre intimement cette aventure qui débuta grâce à la curiosité, la témérité et le courage d’un homme : Monsieur Henri Cosquer. Quand vous voyez l’ouverture sombre et menaçante au bas d’une immense falaise sous-marine, si vous êtes un de ces explorateurs, vous passez votre chemin d’un grand coup de palme… Mais voilà cet homme, comme tous ceux qui ont voulu voir ce qu’il y avait derrière la montagne, qui s’engage avec ses bouteilles d’air encombrantes dans l’étroit boyau qui peut devenir sa tombe. Il bataillera une centaine de mètres, quel exploit !...avant d’émerger dans une poche d’air qui deviendra célèbre dans le monde entier et qui portera son nom.

Mais l’aventure ne s’arrêtera pas là. Avec le réchauffement climatique, la grotte est menacée et le témoignage des merveilles qu’elle contient va disparaitre définitivement à court terme. Et là, la grandeur de l’Homme décide de la recréer « eodem modo » et quoi qu’il en coute en dehors de toute considération politique.

 

Ce sera Cosquer Méditerranée dans le sublime décor du Fort Saint Jean et du Mucem, cette cathédrale laïque de dentelles de béton.

La visite se  passe confortablement assis dans un wagonnet qui glisse silencieusement dans les différentes salles qui nous racontent la nuit des temps. C’est un appel à l’âme et vous terminez la visite, pour la plus part, en questionnement…

Mais voilà qu’il est midi. Notre accompagnatrice, Madame Dominique Lieutaud, qui a organisé sur mesure ce week-end avec notre Michèle dans un premier temps puis que j’ai finalisé avec elle, nous a choisi pour le déjeuner une halte gastronomique. Et quelle halte !

Installés sur les terrasses du Vieux-Port, sous un soleil généreux et avec, au loin, la silhouette protectrice de la Bonne Mère dominant la ville, les Paccamigos ont pu savourer un excellent déjeuner.

La formule « buffet à volonté » aurait pu laisser croire à une restauration ordinaire. Il n'en fut rien. Les convives découvrirent une remarquable sélection de plats inspirés de la grande tradition culinaire française, préparés avec soin et raffinement. Chacun put composer son repas selon ses envies, certains faisant preuve d'une grande modération... tandis que d'autres estimèrent qu'il était de leur devoir de vérifier méthodiquement la qualité de l'ensemble des spécialités proposées. On ne donnera pas les noms…

Quant au buffet des desserts, il constitua à lui seul une attraction majeure de la journée. Les amateurs de grande pâtisserie furent comblés par la variété et la qualité des douceurs présentées. Devant tant de tentations, plusieurs participants durent faire preuve d'un courage exceptionnel pour renoncer à une troisième visite du buffet. D'autres, plus déterminés, considérèrent qu'il aurait été discourtois de laisser tant de bonnes choses sans appréciation.

Ce moment de détente et de convivialité, face aux mâts des bateaux du Vieux-Port et sous le regard bienveillant de Notre-Dame de la Garde, restera comme l'un des temps forts de cette belle journée marseillaise. Certains membres ont démontré que l'appétit ne diminue pas avec l'âge des véhicules, et que les moteurs les mieux réglés ne sont pas toujours ceux qui se trouvent sous les capots !

Puis direction le fameux MUCEM qui sera unanimement apprécié. Cette dentelle de béton est d’une beauté impressionnante. Je vous fais grâce de la description des riches collections d’art populaire. Les photos de nos reporters seront beaucoup plus explicites.

Nous arrivons donc à la fin du programme initial. Nous trouvant au cœur de la vieille cité Phocéenne, nous étions convenus Madame Lieutaud et moi-même de terminer la journée par une promenade en auto car privé pour visiter le Marseille historique à travers les ruelles du Panier, le Vieux-Port, la Corniche Kennedy, le Prado et enfin Notre-Dame de la Garde.

C'est alors que le premier grain de sable fit son apparition. Ou plus exactement, le premier courant d'air... qui ne vint jamais. La climatisation de l'autocar ayant décidé de fonctionner selon des critères qui lui étaient propres, les passagers purent apprécier les joies des véhicules modernes aux fenêtres hermétiquement condamnées. Les propriétaires de nos anciennes, habitués aux déflecteurs, aux vitres descendantes à manivelle et aux ventilations "naturelles", ne manquèrent pas de constater que le progrès possède parfois quelques limites.

Malgré cette épreuve digne d'une traversée saharienne à vitesse modérée, notre chauffeur poursuivit courageusement son parcours et nous permit d'admirer les principaux sites de la cité phocéenne.

Hélas, un second contretemps nous attendait au sommet de la journée. Arrivés à Notre-Dame de la Garde à 18 h 05 précises, nous découvrîmes que les portes de la basilique avaient fermé... cinq minutes plus tôt.

Cinq petites minutes.

Trois cents secondes.

L'équivalent du temps nécessaire pour raconter une histoire marseillaise... sans les détails.

La déception fut naturellement réelle pour nombre de participants qui espéraient découvrir l'intérieur de ce lieu emblématique. Mais la très grande majorité accueillit cet aléa avec philosophie, bienveillance et compréhension. La plate forme où avait garé notre champion de chauffeur offrait déjà un large panorama. Après tout, les meilleures sorties sont souvent celles dont on se souvient pour leurs imprévus autant que pour leur programme. J’ai entendu, que nous aurions du faire la promenade en auto-car après le déjeuner, mais c’est oublier que le Mucem ferme ses portes encore plus tôt. Et l’objectif de la journée était bel et bien le Mucem avec la Grotte Cosquer.

Donc deux voix violentes et scandalisées se firent néanmoins entendre. On peut  manifester son mécontentement, mais il y a des limites dans les décibels et dans la courtoisie qui doit être la REGLE dans notre Club. Il n'est jamais inutile de rappeler que notre club repose avant tout sur le respect mutuel, et la convivialité. Les organisateurs, qui consacrent bénévolement beaucoup de temps et d'énergie à préparer ces journées, méritent davantage de gratitude que de reproches lorsque les circonstances leur échappent.

Les anciens disaient que l'éducation consiste à savoir rester élégant même lorsque les choses ne se déroulent pas exactement comme prévu. Mais l’élégance n’est pas donnée à tout le monde, la preuve en est…Quant à notre règlement intérieur, il nous rappelle que la bienveillance est aussi importante que la passion qui nous rassemble.

Finalement, même si la Bonne Mère n'a pas ouvert ses portes, elle nous a peut-être offert une autre leçon : celle de prendre les aléas de la route avec sérénité et bonté. Une qualité que tout amateur de véhicules anciens connaît bien... ou devrait…

Cette belle journée restera donc dans les mémoires pour la splendeur de Cosquer, l'intérêt du MUCEM, les panoramas exceptionnels de Marseille, la chaleur de l'autocar, les cinq minutes les plus célèbres de la journée et, surtout, pour les moments de partage qui font l'âme de PACCA.

Et comme chacun le sait : une sortie parfaite s'oublie vite, mais une sortie avec quelques aventures devient un souvenir impérissable.

Vot’ JJ

 

COMPTE RENDU DOMINIQUE MILLE

Dimanche 14 juin

Je reprends la plume, confiée  par Jean Jacques, notre Président qui vous a relaté la journée de Marseille, du samedi 13 Juin.

Ce Dimanche, était Portes Ouvertes au Castellet, aussi nous avons pris notre petit déjeuner au son des bolides, tapant des temps, sur le circuit Paul Ricard.

Nous avons quitté l’Hôtel Adonis de Signes, individuellement, pour nous retrouver à Bandol.

Nous avons arpenté l’allée jalonnée de boutiques qui borde le port où les petits pointus marseillais aux tons multicolores se jouent de la majesté de certaines grosses unités de plaisance.

A 11 H 30, l’Atlantide, notre bateau nous a accueilli avec un buffet - déjeuner sur le pont principal. Privatisé à notre intention jusqu’à 14 heures,  l’Atlantide a appareillé  après que les touristes extérieurs nous aient rejoints.

Senor Meteo, sympa depuis le matin, s’est joué de nous et a commencé à voiler, petit à petit le magnifique ciel bleu azur. Eparpillés, au pont supérieur et au salon principal, nous avons quitté Bandol en laissant à tribord, à quelques encablures de Bandol, l’Ile de Bandor, aménagée à partir des années 1950 par Paul Ricard.

Les aménagements de tourisme réalisés par l’Industriel, se sont vus, au fil du temps, se dégrader,  les activités ont dû être gelées pendant de nombreuses années. Une restauration complète et des réaménagements importants  ont permis  une réouverture début Mai dernier.

La navigation le long de la côte varoise a commencé par la plage des Engraviers où,  en partie haute,  s’est lovée , il y a de nombreuses années, la Résidence Athena - immeuble en forme de barre à l’architecture complexe.nDe cette plage,  part le sentier des Douaniers, bien connu des randonneurs,  qui court sur 11 kilomètres le long des falaises ocres entre  les pins.

Au bord de l’eau, apparait « l’ile du sous marin » rocher qui, effectivement fait penser à un navire. Puis la calanque de Port d’Alon, sous une pinède, plantée de chênes verts et de figuiers de Barbarie. Ensuite, la Pointe Fauconnière avec le passage dans le département des Bouches du Rhône.

Là, sans chauvinisme aucun, notre guide nous informe que le bleu de la mer change, en cet endroit,  pour s’assortir aux couleurs de l’OM, bleu et blanc!!!

Notre ciel de voilé devient plombé et le gris habille l’ensemble du paysage, de la mer en haut des falaises de calcaire qui s’ornent d’un drapé de brume et de brouillard qui donne aux reliefs et à l’ambiance générale une indicible atmosphère mystérieuse, un peu fantastique !!

Notre regret est que le bleu magnifique de ces eaux ne se révèle pas à nous… dommage, tout demeure bien gris et l’air est désormais beaucoup plus froid !!

Nous arrivons en vue de  La Ciotat, …  au loin,  la plage Lumière  - en référence  aux Frères Lumière dont le père avait édifié un château, port privé… et où les Frères ont tourné les films les plus célèbres des débuts du cinéma. Jusqu’en 1910, ils y séjourneront,  puis le Domaine sera vendu et enfin la plage tombera dans le  Domaine Public  - gérée par la Ville de la Ciotat.

Le chantier Naval de la Ciotat se dévoile : ouvert en 1849, il a été  fermé en 1989.

Il n’y a plus désormais de construction navale : depuis 2017, le site industriel est utilisé pour la maintenance des yachts de luxe  et même les méga-yachts et possède, entre autres, la plus grande cabine de peinture d’Europe. Une bonne centaine de yachts y sont gérés par an, soit en terme d’emplois, 1500 personnes.

Notre guide,  évoque le coût annuel lié à l’entretien  des bateaux : 10 % valeur du neuf /par an et, pour étayer ses propos présente le Yacht « l’Eclipse » dont le coût est estimé à 1.5 Milliard de dollars - yacht le plus cher et le plus long du monde (162 mètres ) appartenant à Roman Abramovitch, - oligarque milliardaire russe…

Nous passons devant l’Ile verte, la calanque du Mugel sous le rocher du  Bec de l’Aigle, le Rocher « Tête de Chien », les falaises calcaires de 300 à 400 mètres de haut baignent dans les nimbes de la brume. Il fut un temps où la route des Crêtes reliant La Ciotat à Cassis,  permettait de se débarrasser des voitures qui se voyaient plonger dans les eaux afin que les propriétaires touchent les primes d’assurance … escroquerie vite repérée par les gendarmes !!! mais également site privilégié pour de magnifiques scènes de films comme « Sur un arbre perché » en 1971 avec Louis de Funès où une Chevrolet Impala SS décapotable de 1965 et son occupant se trouvent bloqués par un pin enraciné dans la falaise !!

Nous traversons la baie de Cassis (dont, attention …. on ne prononce par le « s » final), la balise de la Cassidaigne  de Cap Canaille - signalétique maritime, s’offre à notre regard, et parvenons au Massif des Calanques avec Port Miou au profil sinueux et tout en longueur avec  son petit port de plaisance comptant jusqu’à 550 bateaux !! Puis la calanque de Port Pin - petite et intime avec ses pins d’Alep .. ensuite, la cheminée de roche au milieu de  la calanque d’En Vau, grandiose du fait de  ses très hautes falaises, blanches et grises qui tombent, abruptes dans les eaux, puis la  Calanque des Orgues, aiguilles de calcaire en forme de tuyaux d’orgues qui tombent à pic, la calanque Devenson avec ses falaises en arc de cercle, difficile d’accès, la calanque Saint Jean où prend racine la grande « candelle » point culminant du massif des calanques à 565 mètres d’altitude, la calanque « des Pierres Tombées » bien connue des naturistes, la calanque de Sugiton accidentée et sauvage, et enfin la calanque de Sormiou, la plus vaste de toutes avec son petit port de pêche, aux eaux de deux couleurs, turquoise du fait des fonds sableux et foncée du fait de la présence  de Posidonie appelée également Herbe de Neptune - herbe sous marine à fleurs qui fleurit en automne et produit des fruits appelés olives de mer !!

Notre guide nous indique que cette calanque a connu une occupation bien ancienne - depuis la Préhistoire - comme en témoigne la Grotte Cosquer dont une magnifique réplique  a été réalisée à Marseille - « Cosquer Méditerranée « - objet de notre visite d’hier, à bord de petits modules d’exploration.

Notre balade aux 13 calanques se termine par la narration de l’histoire de la gourmette d’Antoine de Saint Exupéry, retrouvée dans les filets du chalutier de Jean Claude Bianco en 1998 - gourmette enserrée dans une compression, qui, cassée,  laisse découvrir l’inscription « Antoine » puis, entre parenthèse, « Consuelo » le nom de son épouse.

Ce bijou a permis de retrouver l’épave de son avion en 2000, élucidant ainsi le mystère de la disparition de l’auteur du Petit Prince :  C’est le 31 Juillet 1944 qu’il décolle de Bastia pour une mission à Marseille ; il doit photographier, depuis le ciel, les préparatifs du débarquement de Provence, il disparait en mer !!

Nous rebroussons notre chemin pour revenir rapidement à Bandol, la brume se dissipe laissant la place au ciel bleu .. nous débarquons vers 17 h15.

Notre parenthèse marseillaise se termine par cette croisière bien agréable dans les calanques et les criques du Var, avec une envie, y retourner sous le ciel bleu et la mer azur ….. promis, on le refera !!

Bises à tutti, avec une pensée  tendre et émue à l’initiatrice de cette balade, Michèle,  qui reste dans nos coeurs,  sans oublier  de grosses bises à Ronald qui l’a aidé, l’année dernière dans cette tâche et enfin, merci à notre Président qui a relancé le projet et l’a mené à son terme par ce sympathique week end en terres marseillaises !!